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le 07 octobre 2012 par Arnaldo, Catégorie : HISTOIRE, MEDECINE [ 0 ]

 

Jules César serait né par césarienne !!

 

 

C'est souvent par cette anecdote que l'on présente l'origine du mot césarienne. L'immense empereur Caius Julius Caesar serait né par cette technique et lui aurait donné son nom. Ceci est évidemment faux puisque je vous en parle aujourd'hui et ce pour 2 raisons:

 

La première de ces raisons est tout simplement qu'à l'époque de Jules César, une centaine d'année avant JC,  la césarienne était évidemment déjà pratiquée, mais principalement sur des femmes déjà décédées, dans le but de sauver le bébé. En effet, la médecine n'était pas suffisamment avancée pour permettre aux femmes de survivre à une telle opération.

Or la maman de Jules César, Aurelia COTTA,  était bien en vie lorsque celui-là devint empereur pour sa plus grande fierté. Tacite la range parmi les mères romaines exemplaires par l'éducation qu'elles donnent à leurs enfants, et Plutarque la qualifie de femme d'une grande vertu.

 

La première opération connue et réussie sur une femme vivante en occident date de l'an 1500 : cette année-là, Jacques Nufer, châtreur de porcs à Siegerhausen (Suisse), sollicite de la magistrature locale l'autorisation d'accoucher sa femme par voie artificielle. On pense maintenant qu'il s'agissait d'un cas de grossesse abdominale, ce qui expliquerait la bonne récupération de l'opérée.

 

La même opération sera tentée, parfois avec succès, au cours du XVIe siècle et plus tard le chirurgien François Mauriceau s'élèvera contre cette pratique trop meurtrière. Même durant la première moitié du XIXe siècle, cinq opérées sur six y laissaient la vie, généralement pour cause de péritonite (infection abdominale).

 


 

La deuxième raison qui botte cette idée reçue en touche et qui met fin également à une deuxième idée reçue, est que l'empereur ne s'appelait pas Jules César mais Caius Julius Caesar. Son prénom n'était donc pas Jules, mais Caius ; son nom n'était pas César, mais Julius.

 

A Rome, les citoyens possédaient trois noms :  le praenomen (l'équivalent de notre prénom actuel), le nomen (le nom du clan, l'équivalent de notre nom de famille), et le cognomen (le surnom).

Les praenomen, à Rome, étaient très peu nombreux. De ce fait, de nombreux garçons se prénommaient Caius, Marcus ou Lucius.

Les nomen, quant à eux, étaient portés par tous les citoyens descendant d'une même famille (Julius, Tullius, Livius, etc.). A noter que les nomen des femmes étaient féminisés (Claudius devenant Claudia, Cornelius devenant Cornelia, Antonius devenant Antonia, etc.). Toutefois, la Rome du III° siècle avant Jésus Christ était encore une cité de taille modeste. Ainsi, de nombreux Romains possédaient le même prénom et le même nom de famille.

D'où la fonction vitale des cognomen, les surnoms servant à différencier les différents citoyens. Caesar, par exemple, signifie "éléphant", en carthaginois (et non "césarienne" en latin comme certains historiens pourraient le penser). Cicéro, le cognomen du rhéteur romain que nous connaissons sous le nom de Cicéron, signifie "poids chiche" (peut être avait il des verrues ?).

 

Toutefois, le principe de la tria nomina (les trois noms.) était parfois désuet. En effet, le cognomen se transmettait souvent de génération en génération. Ainsi, Publius Cornelius Scipio (plus connu chez nous sous le nom de Scipion l'Africain.), portait le même nom que son père, Publius Cornelius Scipio. L'on employait alors le terme de Major ou de Minor afin de différencier le plus vieux du plus jeune.

 

De ce fait, les Romains ne tardèrent guère à adopter un second cognomen, en plus du premier déjà existant. Par exemple, Scipion l'Africain reçut le second cognomen d'Africanus suite à sa campagne victorieuse en Afrique (il mit fin à la seconde guerre punique suite à la bataille de Zama.). Son nom était alors Publius Cornelius Scipio Africanus.

 

Les personnes adoptées changeaient leur nomen et cognomen pour ceux de l'adoptant et adjoignaient un second cognomen en -anus rappelant leur gens d'origine. Les cognomens pouvaient s'additionner sans limite de nombre. À l'origine, celui que nous connaissons comme Auguste se nommait Caius Octavius, puis, après son adoption par Jules César, il devint Caius Iulius Caesar Octavianus — il est parfois appelé en français Octavien — et après son accession au principat, il prit en troisième cognomen, augustus, soit Caius Iulius Caesar Octavianus Augustus.

 

 


à voir aussi :

 

« Nomina si nescis, perit et cognitio rerum.
Si l'on ignore le nom des choses, on en perd aussi la connaissance. »

— Citation de Linné en 1755.

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