Dis tonton, pourquoi tu trousses ?

le 04 octobre 2012 par Arnaldo, Catégorie : HISTOIRE [ 0 ]

 

Le droit de cuissage n'a jamais existé !!

 

 

Le droit de cuissage n'est qu'un mythe, colporté par les philosophes des lumières, puis complaisamment repris par les auteurs républicains du XIX° siècle, à qui nous devons déjà plusieurs fariboles célèbres dont je vous reparlerai bientôt.

 

Cette étrange coutume fut dénoncée pour la première fois au cours du XVIII° siècle par les philosophes des lumières. Voltaire, dans le Dictionnaire philosophique, à l'article "Cuissage ou Cullage", révéla que certains seigneurs du Moyen âge n'auraient pas hésité à avoir des relations sexuelles avec les épouses de leurs sujets. Toutefois, Voltaire indiquait lui même que cette pratique tyrannique ne fut jamais approuvée par la loi...

 

Ce n'est qu'au cours du XIX° siècle que le droit de cuissage apparut sous un nouveau jour, sous la plume de certains auteurs. Ainsi, ces derniers, sans même se baser sur des sources d'époque, fustigèrent sans retenue cette soi-disante coutume moyenâgeuse.

Mais rappelons qu'à cette date, l'objectif de ces auteurs républicains était de "noircir" l'époque médiévale et d'encenser la République, afin que les jeunes générations ne souhaitent pas retrouver une France d'avant la Révolution.

 

Ces auteurs dénoncèrent en outre le droit de ravage, selon lequel un seigneur avait le droit de dévaster les champs de ses sujets ; ainsi que le droit de prélassement, autorisant le noble à faire éventrer un de ses serfs afin de s'y réchauffer les pieds ! (deux droits intégralement chimériques, évidemment.)

 

Toutefois, si en France le droit de cuissage n'a jamais existé, plusieurs textes du Moyen âge attestent l'existence du cullage, ou formariage. Cette loi interdisait à un sujet de se marier hors de la seigneurie, interdiction néanmoins levée en échange du versement d'une taxe (en latin, cullage se dit cullagium, ce qui signifie "collecte.").

 

Cet impôt au nom si tendancieux ne fut plus d'usage dès la Renaissance. Ainsi, lorsque Voltaire écrivit son article dans le Dictionnaire philosophique, personne ne se souvenait plus de la fonction première de cette taxe.

 

L'homonymie frappante de cet impôt avec une certaine partie de notre anatomie, la méconnaissance des uns et la malhonnêteté doctrinale des autres, transformèrent peu à peu cette taxe en ce fameux droit de cuissage tant décrié...

 

 


à voir aussi :

 

« Nomina si nescis, perit et cognitio rerum.
Si l'on ignore le nom des choses, on en perd aussi la connaissance. »

— Citation de Linné en 1755.

Écrire un commentaire

 Se rappeler de moi sur ce site

Capcha
Entrez le code de l'image : 

Catégories

Derniers commentaires

Archives