Sport ou sexe ?

le 29 octobre 2012 par Arnaldo, Catégorie : MEDECINE [ 0 ]

 

Le sexe serait nefaste pour les performances sportives

 


 

Certains athlètes, comme Linford Christie, prônent l'abstinence sexuelle avant une compétition. « Ne pas faire l'amour rend plus agressif », explique-t-il, « c'est positif. »

D'autres prétendent exactement le contraire: « Les bons attaquants marquent davantage lorsqu'ils ont fait l'amour la veille d'un match », avance le footballeur brésilien, Romario. Il trouve aussitôt confirmation chez son compatriote Ailton, l'attaquant du Werder de Brême : « Etre excité sexuellement m'excite encore plus pour marquer sur le terrain. J'ai discuté de cela avec Alex Alvès du Herta Berlin. Il pense comme moi ! » Ronaldo lui-même n'a pas hésité à prendre position sur le sujet. « Faire l'amour quelques heures avant un match, c'est la clef du succès, à condition d'être passif et de jouir du moment présent, ça relaxe et redonne de l'énergie pour jouer ». Il se contredira un peu lors de la dernière Coupe du monde en déclarant que la victoire valait bien trois semaines d'abstinence (sic !).

 

Il reste que la question de l'amour et du sport divise les sportifs et leurs entraîneurs.

 

Deux hypothèses contradictoires circulent parmi les spécialistes. L'une voudrait que l'acte sexuel accroisse le taux de testostérone circulant dans l'organisme et produise donc une forme naturelle de dopage. L'autre prétend, au contraire, qu'on dilapide sa concentration et son influx.

Sur cette question cruciale, une expérience a été menée en Belgique, sponsorisée par la marque Durex. L'enquête a été confiée au Dr Goossens, médecin du bien nommé club de division 1 de football, « Germinal » Beerschot. Douze joueurs ont passé deux tests d'effort maximal sur tapis roulant au lendemain d'une nuit d'amour et dans des conditions d'abstinence.

Verdict ? Il n'y a pas de corrélation entre la présence de testostérone dans le sang et la relation sexuelle. Restait à savoir si l'amour améliorait les paramètres de la performance. Et là, les résultats plaident plutôt en faveur des abstinents. Au lendemain de l'acte, dix des douze cobayes ont atteint plus rapidement leur fréquence cardiaque maximale et produisaient plus de lactates aux différents niveaux d'un effort. « Sur le plan physiologique, je ne peux que plaider l'abstinence », conclut le docteur Goossens.

 

On fera néanmoins le reproche à ce genre d'expérience de manquer furieusement de romantisme et, plus grave, de légitimité scientifique. Le protocole propose en effet d'analyser les performances d'un footballeur à travers un test sur tapis roulant. Cela constitue déjà 2 sérieux raccourcis.

Ensuite, on parle de l'amour comme s'il s'agissait d'une gestuelle codifiée. L'amour avec qui ? Comment ? Avec quels sentiments ? Rien de cela n'est abordé dans l'étude. Le contexte anxiogène de la compétition est également éludé. Or on sait qu'il favorisera la recherche de plaisir chez les uns et l'inhibera chez les autres.

 

Alors, plutôt que d'explorer des domaines qui se situent clairement hors du champ des compétences médicales, retenons les mots de la nageuse allemande Franziska Van Almsick : « Quand j'ai envie de faire l'amour, je me moque de savoir si ça aura une influence sur mes performances ». A notre avis, c'est la seule chose raisonnable à dire sur le sujet.

 

A propos de sport et de sexe, je vous conseille cet article consternant sur les JO.

 


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« Nomina si nescis, perit et cognitio rerum.
Si l'on ignore le nom des choses, on en perd aussi la connaissance. »

— Citation de Linné en 1755.

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