Les jeux sur mobile ont des vertus !

le 22 juillet 2012 par El Lobo, Catégorie : TECHNIQUES [ 0 ]

 

Qui n’a pas un jour tapoté sur son miniclavier pour casser des briques ou dézinguer des extraterrestres ? Les jeux sur mobile ou console portable font un carton… chez les adultes. Régressifs, stupides, addictifs ? Pas du tout : ils peuvent nous faire le plus grand bien.

 

 

Ridicules, inutiles, nocifs les petits jeux virtuels ? Pas si sûr… Une étude anglaise a en effet démontré les vertus d’un des plus célèbres d’entre eux : Tetris. Empiler des briques aurait une influence positive et aiderait à mieux « digérer » un choc posttraumatique ! Consommés en masse, ces jeux ont pourtant une image négative. Pas étonnant, puisque, dans l’imaginaire collectif, un joueur sur écran, c’est un geek, une personne scotchée à son ordinateur n’ayant quasiment pas de vie sociale.

  • Dans le monde des adultes, on ne doit pas perdre son temps à jouer, car ça ne produit rien.
  • Les plaisirs solitaires sont vite considérés comme masturbatoires.
  • Au moment où le désir se formule, on sort son portable et il est assouvi. C’est trop aisé pour être valorisé.

Une solution de facilité, une paresse ? Et si c’était plus compliqué ?

 

Un rendez-vous avec soi

Pour ses détracteurs, le jeu virtuel est un moyen d’échapper à la peur du vide et exclut la rêverie. « Ce n’est pas vrai, s’insurge la sociologue Catherine Lejealle, auteure du Jeu sur le téléphone portable : usage et sociabilité (L’Harmattan, 2008). Il constitue une sorte de sas de décompression dans des environnements froids ou stressants, et rythme la journée. » « La technique nous offre une autre manière de ne rien faire », observe Yann Leroux. Le jeu aide l’enfant à se structurer. Pour l’adulte, il devient un moyen de s’oublier, presque de méditer. « Au lieu de nous énerver en raison de temps d’attente trop longs, qui pourraient nous renvoyer à des attentes passées plus douloureuses, le jeu nous apaise. Les moments qui suivent sont abordés plus sereinement. » Le métro, le bureau en open space ou la salle d’attente du dentiste, des lieux parfois hostiles, se réchauffent. En se superposant à d’autres activités, contrairement aux jeux dans des espaces dédiés (domicile, salles spécialisées, etc.), ces tapotements sur portable constituent de réelles pauses réparatrices. « C’est un rendez-vous avec soi-même, n’importe où, n’importe quand », constate Catherine Lejealle.

Ce sont aussi de bons renforts de l’estime de soi… Passer les niveaux les uns après les autres permet de relever un petit défi quotidien. Plus sophistiqués, les programmes d’entraînement cérébral nous poussent à nous dépasser. Et lorsque l’écran nous annonce que notre cerveau a 31 ans alors que nous en avons 52, notre amour-propre s’en trouve regonflé. Manipuler son portable est en outre une façon de gérer une certaine gêne en public : « Nous nous ruons sur les jeux pour occuper nos mains, résume Catherine Lejealle. Ça reste moins mauvais que de fumer une cigarette ou manger une barre de chocolat, tout en ayant la même fonction de substitut. »

 

Une délicieuse régression

À la manière des madeleines de Proust, les petits jeux nous renvoient à notre enfance. La musique de Pacman ou de Mario nous rappelle des souvenirs de bagarres ou de fous rires avec nos frères et soeurs, exactement comme des Lego ou des Kapla peuvent nous attendrir. Les raccourcis temporels suscités par l’image ou le son nous plongent dans un cocon sécurisant. Pierre-Olivier Monteil, concepteur de jeux vidéo chez Playsoft, précise : « Autant nous travaillons les visuels des jeux plus évolués, autant les consommateurs veulent des jeux éternels, qui éveillent des souvenirs en eux. »

Plus surprenant, certains d’entre eux se rattachent à des angoisses passées. « Le jeu peut répondre à des inquiétudes vécues dans l’enfance, analyse Yann Leroux. Dans Tetris, les briques tombent et sont récupérées, palliant ainsi la peur de la chute. Le but des jeux d’arcade est de ne pas se laisser enfermer, ce qui constitue une angoisse pour beaucoup. Dans les jeux de tir, l’objectif est de vider son arme, mais pas trop vite, pour garder des munitions. Le parallèle avec la décharge sexuelle est évident. » Ces pratiques sont encore peu étudiées par les spécialistes de la psychologie, mais une chose est sûre : chacun a « son » jeu, un univers particulier qui le ramène souvent à sa propre histoire.

 


Sources :


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« Nomina si nescis, perit et cognitio rerum.
Si l'on ignore le nom des choses, on en perd aussi la connaissance. »

— Citation de Linné en 1755.

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